En 2026, la gratification minimale d’un stage étudiant est de 4,50 € par heure de présence effective. Elle devient obligatoire lorsque le stage dépasse 2 mois dans le même organisme d’accueil au cours de la même année scolaire ou universitaire, soit à partir de la 309e heure. Si ce seuil est franchi, la gratification est due depuis le premier jour et doit être versée à la fin de chaque mois.
Le mot juste est « gratification », et non salaire : un stagiaire n’est pas un salarié. Cette distinction n’empêche pas de vérifier précisément le montant inscrit dans la convention, les heures retenues et la date de paiement.
À partir de quand la gratification de stage est-elle obligatoire ?
L’obligation dépend de la durée cumulée du stage dans un même organisme d’accueil, pendant une même année d’enseignement. La gratification est obligatoire lorsque la durée est supérieure à :
- 2 mois consécutifs ;
- 44 jours, sur une base de 7 heures par jour ;
- 308 heures au total, la gratification s’appliquant donc à partir de la 309e heure.
Un stage prévu pour exactement 2 mois ou 308 heures ne déclenche pas cette obligation légale. L’entreprise, l’association ou l’administration peut toutefois décider de verser une gratification volontaire. Une convention collective ou un accord de branche peut aussi prévoir une règle plus favorable.
Le point qui crée le plus de confusion est le rattrapage. Si ton stage dépasse le seuil, l’organisme ne commence pas simplement à payer à la 309e heure. La gratification devient due depuis le premier jour du stage. Si une prolongation décidée en cours de route fait franchir le seuil, les premières heures doivent donc être régularisées.
Avant le début du stage, relis les dates, les horaires et les conditions financières dans les points à vérifier sur la convention de stage. Sans établissement ou organisme de formation, ne signe pas un document trouvé au hasard : les solutions légales pour une immersion sans école relèvent d’autres dispositifs.
Quel est le minimum d’une gratification de stage en 2026 ?
Le minimum légal est fixé à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. En 2026, ce plafond horaire est de 30 €, ce qui donne :
30 € × 15 % = 4,50 € par heure de présence effective.
Ce montant est un plancher. Dans le secteur privé, une convention de branche ou un accord professionnel étendu peut fixer davantage. Le montant applicable et les modalités de versement doivent apparaître dans ta convention.
Le taux peut changer au 1er janvier. Pour un stage qui commence en décembre et se poursuit l’année suivante, la convention doit prévoir une revalorisation en fonction du nouveau plafond. Évite donc de reprendre automatiquement le montant d’une ancienne convention.
Comment calculer la gratification mensuelle ?
Le calcul de base est simple :
Nombre d’heures de présence effective dans le mois × taux horaire applicable.
Il ne faut pas partir d’un « salaire mensuel » fixe imaginé sur 35 heures. Le nombre de jours ouvrés varie d’un mois à l’autre. Les absences, une arrivée en cours de mois ou une interruption du stage peuvent aussi modifier le total d’heures retenu.
| Situation | Calcul au minimum 2026 | Montant |
|---|---|---|
| 140 heures dans le mois | 140 × 4,50 € | 630 € |
| 147 heures dans le mois | 147 × 4,50 € | 661,50 € |
| 154 heures dans le mois | 154 × 4,50 € | 693 € |
Exemple : ton stage dure trois mois et totalise 441 heures. Au minimum légal, la gratification totale atteint 1 984,50 €. L’organisme peut payer le nombre réel d’heures chaque mois ou lisser la somme sur les trois mois, soit 661,50 € par mois. Dans les deux cas, le total final doit correspondre aux heures réellement effectuées.
Heures réelles ou lissage : que faut-il regarder ?
Avec le paiement au réel, le montant change selon le calendrier : un mois court rapporte moins qu’un mois comprenant davantage de jours de présence. Avec le lissage, la somme mensuelle reste stable, ce qui facilite ton budget. Une régularisation reste nécessaire si le stage est suspendu ou arrêté avant la date prévue.
Garde une copie de la convention et note tes heures. Tu peux ensuite comparer quatre éléments : les heures prévues, les heures réalisées, le taux horaire et le montant reçu. Le simulateur officiel de Service-Public permet aussi de contrôler le calcul mois par mois.
À quelle date la gratification doit-elle être versée ?
La gratification doit être versée à la fin de chaque mois, et non en une seule fois à la fin du stage. La loi ne fixe pas un jour identique pour toutes les structures, comme le 28 ou le 30. La convention doit indiquer les conditions de versement, et l’organisme applique généralement son calendrier de paiement.
Un décalage bancaire de quelques jours peut arriver. En revanche, attendre la fin d’un stage de quatre ou six mois pour tout payer ne respecte pas le versement mensuel prévu. Si aucun paiement n’arrive, commence par vérifier la date mentionnée dans la convention et demande au tuteur ou au service administratif si une pièce manque, par exemple un relevé d’identité bancaire.
Si le retard persiste, écris un message factuel : rappelle les dates du stage, le nombre d’heures du mois, le taux prévu et la clause de la convention. Mets ton enseignant référent ou ton établissement dans la boucle. Une trace écrite est plus utile qu’une succession de relances orales.
Charges, impôt et avantages : ce que tu touches vraiment
Au niveau du minimum légal de 4,50 € par heure, la gratification bénéficie de la franchise de cotisations sociales : la CSG et la CRDS ne sont pas dues. Si l’organisme verse davantage, les cotisations et contributions portent sur la part qui dépasse ce seuil, selon les règles applicables.
La gratification est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du Smic. Cette limite concerne le cumul annuel, pas chaque versement pris séparément. Si tu perçois d’autres revenus ou une gratification élevée, conserve les justificatifs pour ta déclaration.
Les titres-restaurant, l’accès au restaurant d’entreprise et la prise en charge d’une partie des transports publics ne doivent pas être confondus avec le taux horaire. Le stagiaire bénéficie de certains de ces droits dans les mêmes conditions que les salariés. Vérifie donc séparément la gratification, les remboursements de frais et les avantages prévus.
La checklist à faire avant de signer
- additionne les heures prévues sur toute la durée, surtout si le stage est discontinu ;
- vérifie si le total atteint au moins 309 heures ;
- contrôle le taux horaire et l’éventuelle convention collective plus favorable ;
- repère la méthode retenue, heures réelles ou lissage ;
- fais préciser les conditions et le calendrier de versement ;
- distingue la gratification des repas, transports et remboursements de frais ;
- conserve la convention signée et un relevé de tes heures.
Ces vérifications prennent quelques minutes et évitent les mauvaises surprises au premier paiement. Pour replacer la rémunération dans tout le parcours, de la recherche au bilan, consulte le guide du stage en entreprise. Le bon réflexe reste simple : ne te contente pas d’un montant annoncé à l’oral, fais inscrire le taux et les modalités dans la convention.