Période d’essai en alternance : durée et rupture

En alternance, la période d’essai dépend du contrat signé. En apprentissage, tu peux rompre le contrat pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, même s’ils ne sont pas consécutifs. En contrat de professionnalisation, les règles classiques du CDD ou du CDI s’appliquent si une période d’essai est inscrite dans le contrat.

Cette différence change tout : les jours à compter, le délai avant le départ et les démarches ne sont pas les mêmes. Avant d’envoyer un message à ton employeur, vérifie donc la première ligne de ton contrat : « contrat d’apprentissage » ou « contrat de professionnalisation ».

Période d’essai en alternance : les règles en un tableau

Contrat Durée Jours comptabilisés Rupture pendant cette période
Apprentissage 45 jours Jours de formation pratique en entreprise uniquement, consécutifs ou non Possible par écrit à l’initiative de l’apprenti ou de l’employeur
Professionnalisation en CDD de 6 mois maximum 1 jour par semaine prévue, dans la limite de 2 semaines Décompte prévu pour la période d’essai du CDD Possible avec un délai de prévenance
Professionnalisation en CDD de plus de 6 mois 1 mois maximum Décompte prévu pour la période d’essai du CDD Possible avec un délai de prévenance
Professionnalisation en CDI 2 mois pour un employé ou ouvrier, 3 mois pour un technicien ou agent de maîtrise, 4 mois pour un cadre Décompte calendaire, sauf règle conventionnelle ou contractuelle différente Possible avec un délai de prévenance

Ces durées sont des plafonds pour le contrat de professionnalisation. Une convention collective ou ton contrat peut prévoir une durée plus courte. Pour comprendre les autres différences de statut, de public et d’objectif, consulte le comparatif apprentissage ou contrat de professionnalisation.

En apprentissage, les 45 jours ne suivent pas le calendrier

On parle souvent de « période d’essai de 45 jours », mais le Code du travail organise plutôt une période de libre rupture. Le point décisif reste simple : seuls les jours de formation pratique chez l’employeur entrent dans le calcul. Les cours au CFA n’en font pas partie.

Exemple : tu travailles trois jours en entreprise et passes deux jours au CFA chaque semaine. Après dix semaines, tu n’as effectué que 30 jours de formation pratique. La période de 45 jours n’est donc pas terminée. Il te reste 15 jours en entreprise à accomplir, même si plus de deux mois se sont écoulés depuis le début du contrat.

Ne calcule pas cette échéance de mémoire. Reprends ton calendrier d’alternance, tes jours réellement effectués et les éventuelles absences, puis demande au CFA ou au service RH de confirmer la date du 45e jour par écrit. Cette précaution évite de lancer une rupture simple alors que le délai est déjà dépassé.

Si tu veux revoir le cadre général avant ce calcul, la fiche sur l’âge, la durée et les conditions du contrat d’apprentissage replace cette phase dans l’ensemble du contrat.

Comment rompre un contrat d’apprentissage avant le 45e jour ?

Pendant cette période, l’apprenti comme l’employeur peut mettre fin au contrat sans devoir justifier sa décision. La rupture doit toutefois être faite par écrit et intervenir avant la fin du 45e jour de formation pratique en entreprise. Il n’existe pas de délai de prévenance propre à cette libre rupture.

Dans les faits, évite une annonce uniquement orale ou un message impossible à dater. Prépare un écrit qui indique :

  • ton identité et celle de l’employeur ;
  • la référence du contrat d’apprentissage ;
  • ta décision claire de rompre le contrat ;
  • la date de notification et la date d’effet ;
  • ta signature, ou celle de ton représentant légal si la situation l’exige.

Remets-le en main propre contre décharge ou utilise un envoi qui fournit une date certaine. Préviens immédiatement ton CFA afin qu’il puisse suivre ton dossier. L’employeur doit notifier la rupture à l’OPCO. Demande aussi les documents de fin de contrat et vérifie le paiement du salaire restant dû.

La liberté de rompre n’autorise pas une décision discriminatoire ou abusive. Si tu subis des violences, du harcèlement ou une situation dangereuse, ne traite pas le problème comme un simple désaccord de période d’essai : alerte ton CFA, l’inspection du travail ou un adulte de confiance si tu es mineur.

Que se passe-t-il après les 45 jours en entreprise ?

Une fois les 45 jours accomplis, l’apprenti ne peut plus partir du jour au lendemain avec la procédure simplifiée. Plusieurs voies restent possibles.

La rupture d’un commun accord

L’employeur et l’apprenti peuvent convenir ensemble de mettre fin au contrat. L’accord doit être écrit. Il permet de fixer une date claire et d’organiser la transmission au CFA et à l’OPCO.

La rupture à l’initiative de l’apprenti

Si aucun accord n’est trouvé, l’apprenti doit d’abord saisir le médiateur de l’apprentissage. Il peut informer son employeur de son intention de rompre après un délai minimal de cinq jours calendaires suivant cette saisine. La rupture ne peut ensuite intervenir qu’après un délai minimal de sept jours calendaires suivant l’information de l’employeur.

Le médiateur n’a pas à autoriser le départ. Son intervention constitue néanmoins une étape obligatoire. Pour garder des preuves propres, conserve la date de saisine, la notification envoyée à l’employeur et les réponses reçues.

Les autres cas de rupture

L’apprenti peut également partir plus tôt après l’obtention du diplôme préparé, à condition d’informer l’employeur par écrit au moins un mois avant la date envisagée. De son côté, l’employeur ne peut rompre après les 45 jours que dans des situations encadrées, notamment la faute grave, l’inaptitude, la force majeure ou l’exclusion définitive du CFA, en suivant la procédure applicable.

Après la rupture, un apprenti sans nouvel employeur peut continuer sa formation théorique au CFA pendant six mois sous le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Contacte le CFA avant ton dernier jour : il pourra préciser les conséquences sur les cours, les examens et la recherche d’une nouvelle entreprise.

En contrat de professionnalisation, vérifie le CDD ou le CDI

Le contrat de professionnalisation suit le régime d’une vraie période d’essai. Elle n’est pas automatique : elle doit apparaître dans le contrat ou la lettre d’engagement. Sa durée dépend ensuite de la forme du contrat.

Pour un CDD, la durée est calculée à raison d’un jour par semaine prévue. Elle ne peut pas dépasser deux semaines lorsque le contrat dure six mois au maximum, ni un mois lorsqu’il dure plus de six mois. Pour un CDI, le plafond initial est de deux, trois ou quatre mois selon la catégorie professionnelle.

Un renouvellement n’est envisageable que pour certains CDI et sous plusieurs conditions : l’accord de branche étendu doit le permettre, le contrat doit le prévoir et le salarié doit accepter le renouvellement par écrit avant la fin de l’essai initial. Lis aussi la convention collective, car elle peut contenir une règle plus favorable.

La page consacrée au contrat de professionnalisation et à ses règles t’aidera à vérifier la nature exacte de ton engagement.

Quel délai respecter pour rompre un contrat de professionnalisation ?

Pendant l’essai, l’alternant peut rompre sans avoir à donner un motif, mais il doit prévenir l’employeur 24 heures à l’avance s’il est présent depuis moins de huit jours, puis 48 heures à partir de huit jours de présence.

Si l’employeur prend l’initiative, le délai est de 24 heures avant huit jours de présence, 48 heures entre huit jours et un mois, deux semaines entre un et trois mois, puis un mois après trois mois. Ces délais concernent une période d’essai d’au moins une semaine et ne permettent pas de prolonger celle-ci au-delà de sa date maximale.

Envoie ta décision par un moyen daté, même lorsqu’aucun formalisme lourd n’est exigé. Après la période d’essai, les règles changent : un contrat pro en CDD ne peut être rompu avant son terme que dans les cas autorisés, tandis qu’un CDI suit les modes de rupture du CDI.

Les vérifications à faire avant d’envoyer ta lettre

  1. Identifie précisément ton contrat : apprentissage, professionnalisation en CDD ou professionnalisation en CDI.
  2. Relis la clause d’essai et la convention collective quand elles s’appliquent.
  3. Compte les jours en entreprise pour l’apprentissage, ou la durée calendaire prévue pour le contrat pro.
  4. Fais confirmer la date limite par le CFA ou le service RH si ton calendrier comporte des absences ou des changements de rythme.
  5. Choisis un écrit daté et conserve une copie ainsi qu’une preuve de remise.
  6. Préviens le CFA et demande les documents de fin de contrat.

Pour replacer ces démarches dans ton parcours, le guide de l’alternance rassemble les points à contrôler sur la formation, l’entreprise et le contrat. Si la relation se dégrade, parle au CFA avant de disparaître du poste : une rupture bien datée et correctement documentée protège mieux la suite de ta formation.